Webyboom

A l'origine, Webyboom était le blog d'un collectif de webdesigners & webconcepteurs, parlant de créa, standards web et accessibilité. Avec le temps, le collectif s'est réduit à une personne (!), et l'on y parle toujours (et surtout) d'accessibilité du web

mardi 4 septembre 2007

Accessibilité: Histoire vécue n°1 - javascript si je veux (ou si je peux)

Posté par olivier_webyboom le mardi 4 septembre 2007 - Accessibilité

Cette série des "Histoires vécues d'Accessibilité" a pour but de collectionner des anecdotes réelles, à propos des problèmes posés par des contenus numériques à l'accessibilité insuffisante. Au-delà du caractère amusant, ou (malheureusement) navrant de ces historiettes, l'objectif est de montrer que l'accessibilité ne concerne pas que "les autres", les "pas comme nous", et que chacun peut y être confronté. Autrement dit, qu'on a tous besoin de l'accessibilité !

Les anedoctes des lecteurs sont attendues avec une impatience non feinte, et les plus exemplaires feront l'objet d'un billet !

Ouvrons le feu avec cette anecdote à propos d'une sombre histoire de javascript...

Le préjugé: javascript, tout le monde l'a sur sa machine
Ce qu'il aurait fallu ne pas ignorer: tout le monde n'utilise pas sa machine
La recommandation d'accessibilité "oubliée": les contenus et fonctionnalités du site doivent être accessibles même avec javascript désactivé, éventuellement par le biais d'une version dédiée

Le lieu: une station balnéaire de la côte est de l'Australie, où ma chérie et moi venons de passer une intense semaine d'excursions dans toute la région. Ce qui nous a laissé trop peu de temps pour préparer la suite du voyage, à savoir une virée en voiture dans le parc du Kakadu, dans le Nord du pays (ça c'est pour la touche d'exotisme). On nous a prévenu: mieux vaut un 4x4, on ne sait jamais là-bas. Les grands réseaux de loueurs de voitures nous laissent tomber, il n'y a plus de dispos. Les voyagistes, trop orientés "local", nous renvoient sur les loueurs spécialisés: "cherchez sur Internet". Nous trouvons quelques numéros de téléphone, mais n'ayant pas de téléphone mobile il est compliqué de se faire rappeler. Dernière option: les sites internet et toutes leurs promesses.

L'une des quelques boutiques internet du coin ferme un peu plus tard, mais en gros il nous reste une heure pour trouver le 4x4 disponible, dans nos prix, à nos dates... Après quelques errances, enfin, LE site où l'on peut connaître la disponibilité en ligne, et réserver sans téléphoner, s'offre à nos yeux. Deux modèles nous paraissent intéressants, je clique pour vérifier les détails... rien. Re-clic. Re-rien. Un coup d'oeil à la barre d'état éclaire ma lanterne: il s'agit d'un lien javascript d'ouverture de pop-up. Je réalise alors que le navigateur, pourtant basé sur Internet Explorer, ne gère pas javascript. Est-ce à cause du logiciel d'accès à internet, ou du firewall du réseau? Peu importe, je ne peux pas utiliser ce lien, et je ne peux pas activer javascript. Damned.

Qu'à cela ne tienne: je fouille le source, trouve les URLs et les colle dans une nouvelle fenêtre (tout fier de moi -- finalement ça sert de développer des sites!). Et ça marche, j'ai tous les détails! Plus qu'à cliquer sur le bouton du formulaire pour réserver...

Le lecteur perspicace aura deviné la suite: il n'y avait pas de raison que le bouton de réservation ne soit pas lui aussi géré en javascript. Impossible d'aller plus loin cette fois, il ne me restera que ma frustration illuminée d'insultes envers les webdesigners (et leurs clients) ignorants. On finira par louer une voiture "normale", et par se restreindre aux routes goudronnées. Voila comment javascript mal utilisé peut vous énerver en vacances...

Quel manque à gagner cette option technique mal pensée a-t-elle généré pour le loueur? Pas sûr qu'il puisse le savoir, s'il n'a pas pris soin de tracer ce type de problème, ce qui est fort peu probable vu le comportement du site. Sans doute les "victimes" sont au mieux tracées comme des clients potentiels ayant renoncé à poursuivre leur commande. En tous cas ce manque à gagner existe, au moins pour mon cas. Et il est clair que la bonne façon de faire ne coûtait pas plus cher, pour peu qu'on la connaisse et qu'on l'applique dès la conception. C'est donc une perte financière pure, malheureusement non détectée.

Le seul espoir est que d'autres utilisateurs frustrés ont eu la glande à rancoeur assez remplie pour se fendre d'un mail plein d'amertume -- j'étais en vacances, trop de zen en moi et pas assez de temps m'en ont dissuadé, mais ça m'a démangé!!


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