Webyboom

A l'origine, Webyboom était le blog d'un collectif de webdesigners & webconcepteurs, parlant de créa, standards web et accessibilité. Avec le temps, le collectif s'est réduit à une personne (!), et l'on y parle toujours (et surtout) d'accessibilité du web

mercredi 14 juillet 2010

Un argument de plus pour l'accessibilité

Posté par webyboom le mercredi 14 juillet 2010 - Accessibilité

Dès que j’ai découvert l’accessibilité numérique, j’ai été convaincu que c’est un devoir moral de la mettre en œuvre, de la façon la plus large possible. Mais cela n'est qu'une conviction personnelle. Et toutes les bonnes intentions se heurtent au facteur de réalité : faire un site accessible requiert un certain investissement, que ce soit en temps, ou en expertise. Donc, à un moment ou un autre, quelqu’un paye pour ça. Une fois qu’on maîtrise plus ou moins la chose, cet investissement diminue, heureusement. Il n’en reste pas moins que pour faire franchir le pas au susdit payeur, il faut le convaincre qu’on parle bien d’investissement, et non de coût.
La nuance est de taille : s’il est vrai qu’on doit financer la mise en accessibilité d’un site, cela peut s’avérer rentable. Et de fait, l’un des tous premiers articles qu’il m’ait été donné de lire à ce sujet, et qui a contribué à forger mes convictions, a été ce billet de Matthieu Faure : "avantages concrets de l’accessibilité". D’autres ont enfoncé le clou, tel cet article d’Openweb, rédigé par les compères Elie Sloïm et Laurent Denis : "pourquoi l’accessibilité numérique ?". Et même le W3C s’y est mis, avec son business case pour l’accessibilité (en anglais). Mais il faut bien le reconnaître, on tourne depuis quelques années sur les mêmes arguments (les articles de Matthieu, Laurent et Elie datent de 2005). Pas totalement surprenant, puisque ces arguments restent largement vrais. Malheureusement, il faut croire que ça n’a pas suffi à rendre le web accessible par défaut, sans qu’on se pose même plus la question. C’est pourquoi toute idée neuve est bonne à prendre. En voici une – oh, ça va pas révolutionner le domaine, mais c’est déjà mieux que rien…
L’idée m’en est venue en assistant à l’un des séminaires organisés par Microsoft en partenariat avec Braillenet. Celui-ci portait sur les solutions d’accessibilité dans Sharepoint 2010. Y était évoquée l’API qui prend le relais de la vénérable MSAA, sur les systèmes d'exploitation Microsoft les plus récents, pour s’interfacer avec les technologies d’assistance, j’ai nommé UI Automation. Curieux nom pour une API d'accessibilité : automatisation de l’interface utilisateur ?? Et bien en fait, c’est très logique : il s’agit de l’API qui relie les éléments d’interface au système d’exploitation, en vue de les piloter par un logiciel, pour des tests automatisés par exemple. Or, la fameuse « compatibilité avec l’accessibilité » pondue par le W3C, c’est exactement dans la même veine : rendre les applications web pilotables par un logiciel, qui en l’occurrence sera une technologie d’assistance… Intéressant ! Cela implique qu’un site accessible, est un site lisible par un logiciel, et donc, intrinsèquement, beaucoup plus simple à tester de façon automatique. Un robot testeur, tout comme un lecteur d’écran ou un robot d’indexation, sera plus à l’aise avec un site accessible, puisqu’il pourra s’appuyer sur un code sous-jacent conçu pour le lui rendre compréhensible.

Alors, c’est sûr, c’est pas l’argument qui va faire tomber de sa chaise un chargé de communication ou un directeur marketing ! Mais pour un DSI ou un responsable qualité web, cela peut suggérer de substantielles économies sur les procédures de tests automatisés, et donc une motivation supplémentaire à investir dans l'accessibilité.


Commentaires

Poster un commentaire